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Le moulin de Cornillon

moulin de cornillon par Cécile Brovarone (née Gal)
Moulin de cornillon par Cécile Brovarone
(née Gal)

Nos aînés se souviennent avec nostalgie du moulin de Cornillon et de sa belle roue en bois. Niché au bord des Usses, il bénéficiait du débit constant et rapide de la rivière pour produire sa farine.

Un peu d’histoire
En consultant le cadastre sarde du Sappey qui date de 1732, on trouve déjà le moulin de Cornillon.


plan moulinRappelons que le cadastre sarde fut réalisé de 1728 à 1738 sur ordre du roi Victor-Amédée II de Savoie. C’était le document fiscal de référence qui permettait de lever un impôt juste et équitable en prenant pour base de calcul la propriété foncière.

En examinant les livres associés du cadastre de 1732, on apprend que le moulin était à l’époque propriété de Jacquemoud René et ses frères.

Puis, d’après le cadastre français établi en 1871, soit quelques années après l’annexion de la Savoie par la France, le moulin appartenait toujours à la famille Jacquemoud et c’était Claude qui l’exploitait.

Ce sera ensuite le fils de Claude Jacquemoud, Joseph, qui reprendra l’exploitation du moulin et ceci jusqu’à sa fermeture dans les années 1920. Précisons que Joseph Jacquemoud, dernier meunier du moulin de Cornillon, a été aidé durant quelques années par son gendre Henri Démolis qui avait épousé sa fille Félicité en 1920.

Henri et Félicité Démolis étaient les parents de quatre enfants dont l’aînée Maria Mathilde, née en 1921, vécut au moulin de Cornillon jusqu’à son mariage avec Gustave Dusonchet de Chez Bolliet en 1944.

Ses camarades d’école l’appelaient d’ailleurs « La Maria de vers le moulin ».

un petit abri en bois
Un petit abri en bois protégeait la roue

Fonctionnement du moulin

Le moulin de Cornillon utilisait la force motrice des Usses au travers d’une roue en bois accolée au moulin. Cette roue, organe essentiel du moulin, actionnait l’arbre de transmission qui entraînait une meule de pierre, qui elle transformait le blé en farine.

Cette meule dite tournante (ou courante) était superposée à une meule dormante (ou gisante). Le grain coulait depuis une trémie (sorte de récipient en bois en forme d’entonnoir) entre les deux meules où il était broyé, puis récupéré dans un bac.

Notons que ce système de roue hydraulique était une source d’énergie peu coûteuse et inépuisable.

moulin cornillon 1
La meule tournante du moulin


Pour constituer la réserve d’eau nécessaire au fonctionnement de la roue, la rivière a été déviée dans un canal que l’on appelait le « bief » (à gauche des Usses sur le plan cadastral).

Les promeneurs peuvent encore aujourd’hui découvrir une partie du travail accompli au bord des Usses pour l’aménagement de ce canal qui amenait l’eau au moulin.

 

 


Meunier, un métier pas banal !

Le meunier avait la responsabilité de la fabrication de la farine, ma-tière première pour faire le pain. Le pain était jusqu’à la fin de la première guerre mondiale, la nourriture principale de la population.

Les paysans de la génération des moulins à eau décrivaient un travail difficile et pénible quand il fallait manipuler les lourds sacs de blé ou de farine.

En attente d’être moulu, le blé était stocké au moulin et le meunier devait s’assurer de sa bonne conservation. Chacun récupérait la farine produite, les paysans réglant généralement le travail du meunier en nature en lui laissant une partie de la farine (environ un dixième) et les autres payant en monnaie.

Le meunier avait également tout le savoir-faire pour l’entretien de la roue et du mécanisme de broyage (réglage des meules par ex.).

Pour clore ce chapitre, nous pouvons dire que de nombreuses expressions françaises concernant les moulins sont toujours utilisées alors que le métier de meunier a complètement disparu depuis 50 ans : « être au four et au moulin », « apporter de l’eau au moulin ».

Cela témoigne de la place importante des meuniers et des moulins dans l’organisation sociale de nos campagnes du temps de nos ancêtres.

De nos jours

Après avoir changé plusieurs fois de propriétaires, le moulin a aujourd’hui subi d’importants travaux et a été aménagé en une belle demeure, résidence de la famille Dickinson.

N. Trottet


Remerciements à Marie-Christine Brovarone pour le prêt des photos, Gustave Dusonchet pour certaines précisions historiques et Geoffroy Revil pour les données cadastrales. Ces personnes ont en effet apporté une aide précieuse aux recherches qui ont permis la rédaction de cet article.

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